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Le qard hassan : le prêt sans intérêt, acte de bienfaisance

10 novembre 2025 · 4 min de lecture · 100 R.I.B.A.

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Le qard hassan est le prêt gratuit par excellence : on prête une somme et on n'en attend que le remboursement, sans le moindre surplus. C'est un acte d'entraide.

Les mots soulignés sont définis dans le glossaire. Survolez-les ou cliquez pour lire la définition.

Au milieu des contrats commerciaux de la finance islamique, le qard hassan occupe une place à part. Ce n'est pas un instrument de profit, mais un acte de bienfaisance. Littéralement « le beau prêt », le qard hassan consiste à prêter une somme d'argent à autrui et à n'en attendre que le remboursement du montant exact prêté, sans aucun surplus ni avantage. C'est la forme la plus pure de l'entraide financière.

Un prêt purement gratuit

Dans un qard hassan, le prêteur remet une somme à l'emprunteur, qui s'engage à la rendre. Le principe fondamental, sur lequel les savants sont unanimes, est qu'aucun bénéfice conditionné ne peut revenir au prêteur. Tout surplus stipulé au profit du prêteur en contrepartie du prêt est du riba, strictement interdit. Le prêteur ne gagne rien sur le plan matériel : sa récompense est attendue auprès d'Allah.

Cette gratuité totale est ce qui distingue radicalement le qard hassan du crédit à intérêt. la finance conventionnelle fait de l'argent une marchandise qui se loue, l'islam considère le prêt comme un service rendu à un frère dans le besoin, jamais comme une source de revenu.

Une récompense immense

Le Coran évoque à plusieurs reprises celui qui « fait à Allah un beau prêt », promettant que cela lui sera multiplié. La tradition prophétique souligne également le mérite de soulager celui qui est endetté ou en difficulté. Soutenir un frère par un prêt gratuit, lui accorder un délai s'il peine à rembourser, ou même lui remettre sa dette, sont des actes hautement valorisés.

  • Le prêteur ne peut exiger aucun intérêt ni aucun cadeau conditionné par le prêt.
  • Accorder un délai supplémentaire à l'emprunteur en difficulté est vivement recommandé.
  • L'emprunteur, de son côté, est tenu de rembourser dès qu'il en a les moyens : différer un remboursement quand on peut payer est une injustice.

Une place réelle dans la finance islamique

Loin d'être une simple notion théorique, le qard hassan est mobilisé concrètement : fonds d'entraide, caisses de solidarité, microfinance sociale, soutien aux étudiants ou aux familles en difficulté. Certaines institutions l'utilisent aussi pour des besoins ponctuels de liquidité. Il incarne la dimension sociale et solidaire que la finance islamique entend préserver, à côté de ses contrats à but lucratif.

Le qard hassan rappelle ainsi une vérité essentielle : toute relation financière n'a pas vocation à générer un gain. Certaines existent pour tisser des liens de fraternité et porter assistance, en espérant une récompense qui n'est pas de ce monde.

Cet article est proposé à titre pédagogique. Il ne constitue pas un avis juridique religieux (fatwa) ni un conseil en investissement. Pour votre situation, rapprochez-vous d'un savant qualifié ou d'un professionnel.

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