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L'ijara : la location-financement en finance islamique

21 juillet 2025 · 5 min de lecture · 100 R.I.B.A.

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L'ijara permet de financer l'usage d'un bien sans recourir à l'intérêt. La banque achète l'actif et le loue au client, qui paie un loyer.

Les mots soulignés sont définis dans le glossaire. Survolez-les ou cliquez pour lire la définition.

L'ijara est l'un des contrats les plus utilisés en finance islamique pour financer l'usage d'un bien : voiture, équipement professionnel, immobilier. Son principe est simple et licite : on ne prête pas de l'argent contre intérêt, on loue un actif réel contre un loyer. La logique repose sur la vente de l'usufruit d'un bien (la manfa'a), et non sur la location de l'argent.

Le mécanisme concret

Dans une ijara classique, le client choisit le bien dont il a besoin. L'institution financière l'achète et en devient pleinement propriétaire. Elle le met ensuite à la disposition du client pour une durée convenue, en échange de loyers périodiques. Le point clé du fiqh est ici : tant que le bailleur reste propriétaire, c'est lui qui assume les risques liés à la propriété (perte totale du bien, gros entretien structurel, assurance de l'actif). Le locataire, lui, assume l'usage normal et l'entretien courant.

Cette répartition n'est pas un détail administratif : c'est ce qui distingue l'ijara d'un prêt déguisé. Dans un crédit conventionnel, l'emprunteur supporte tout, même si le bien est détruit. Dans une ijara conforme, si le bien loué périt sans faute du locataire, le loyer cesse d'être , car il n'y a plus d'usufruit à vendre.

Ijara simple et ijara avec option d'achat

On distingue deux grandes formes. L'ijara simple (tachghiliyya) est une location pure : à la fin, le bien revient au bailleur. L'ijara muntahiya bi-t-tamlik (location se terminant par un transfert de propriété), parfois appelée ijara wa iqtina, prévoit qu'à l'échéance le client devienne propriétaire du bien.

  • Le transfert de propriété doit faire l'objet d'un acte distinct du contrat de location : don (hiba) ou vente séparée, et non une clause automatique mélangée au bail.
  • Les savants insistent pour éviter de combiner dans un seul et même contrat la location et la vente, car cela reviendrait à conclure deux contrats en un (interdiction classique).
  • Le loyer doit correspondre à un usage réel : on ne peut pas facturer un loyer pour une période le bien n'a pas encore été livré ou n'est pas utilisable.

Les conditions de validité

Pour qu'une ijara soit conforme, plusieurs conditions doivent être réunies : le bien doit être licite et réellement utilisable, son usufruit doit être déterminé (durée, nature de l'usage), et le loyer doit être connu et fixé. Le bailleur doit posséder le bien ou son usufruit avant de le louer ; on ne loue pas ce qu'on ne possède pas encore. Les divergences entre écoles portent surtout sur les modalités de révision du loyer et sur la responsabilité de certains entretiens.

Le Prophète, paix et salut sur lui, a encouragé de payer le salarié et, par analogie, de régler ce qui est dans les contrats de louage sans tarder ni léser l'autre partie. L'esprit de l'ijara est celui d'un échange équilibré, chacun connaît ses droits et ses charges.

Cet article est proposé à titre pédagogique. Il ne constitue pas un avis juridique religieux (fatwa) ni un conseil en investissement. Pour votre situation, rapprochez-vous d'un savant qualifié ou d'un professionnel.

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