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Gharar et maysir : pourquoi l'islam encadre l'incertitude

7 juillet 2025 · 5 min de lecture · 100 R.I.B.A.

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Le gharar (incertitude excessive) et le maysir (jeu de hasard) figurent parmi les grands interdits des transactions en islam. Comprenons leur logique et leurs implications concrètes.

Les mots soulignés sont définis dans le glossaire. Survolez-les ou cliquez pour lire la définition.

Lorsqu'on évoque les interdits de la finance islamique, on pense d'abord au riba (l'intérêt). Mais deux autres notions sont tout aussi structurantes : le gharar, l'incertitude excessive, et le maysir, le jeu de hasard. Comprendre ces deux concepts permet de saisir la cohérence d'ensemble du fiqh al-muamalat, le droit des transactions.

Qu'est-ce que le gharar ?

Le gharar désigne l'incertitude, l'ambiguïté ou l'aléa excessif affectant un élément essentiel d'un contrat : l'objet vendu, son prix, sa quantité, sa date de livraison ou son existence même. Un contrat entaché de gharar majeur expose l'une des parties à un risque démesuré qu'elle ne pouvait raisonnablement anticiper, ce qui ouvre la porte au litige et à l'injustice.

Les juristes distinguent toutefois le gharar léger, inévitable dans presque toute transaction et toléré, du gharar excessif (gharar fâhish) qui, lui, invalide le contrat. Vendre des fruits encore sur l'arbre avant leur maturité, ou un poisson non encore pêché dans la mer, sont des exemples classiques cités par les savants.

Le Prophète ﷺ a interdit la vente comportant un aléa excessif (gharar).

Rapporté dans les recueils de hadiths authentiques

Qu'est-ce que le maysir ?

Le maysir, parfois appelé qimar, désigne le jeu de hasard et plus largement toute opération l'on mise une somme dans l'espoir d'un gain qui dépend du pur hasard, au détriment d'autrui. Le gain de l'un y est mécaniquement la perte de l'autre, sans création de valeur réelle ni effort productif. Le Coran le mentionne explicitement aux côtés du vin et des idoles.

Ô vous qui croyez ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires ne sont qu'une souillure, œuvre du diable. Écartez-vous en, afin que vous réussissiez.

Coran, sourate Al-Mâ'ida (5:90)

Quelles implications pour la finance ?

Ces deux principes expliquent la prudence de la finance islamique face à certains produits modernes. Selon les avis des savants contemporains, les contrats à terme purement spéculatifs, certaines formes d'assurance conventionnelle et les produits dérivés complexes peuvent combiner gharar et maysir. C'est précisément pour répondre à ces objections qu'ont été développées des alternatives comme le takaful (assurance mutualiste) ou les contrats de vente clairement définis.

  • Un objet de contrat doit être existant, connu et livrable.
  • Le prix et les modalités doivent être déterminés sans ambiguïté.
  • Le gain ne doit pas reposer sur le seul hasard au détriment d'un tiers.
  • Le partage des risques est privilégié sur leur transfert spéculatif.

L'objectif de fond n'est pas de bannir tout risque, ce qui serait irréaliste puisque le commerce licite en comporte toujours, mais d'éviter l'aléa injuste et l'enrichissement sans contrepartie réelle. C'est une éthique de la transparence et de l'équité contractuelle.

Cet article est proposé à titre pédagogique. Il ne constitue pas un avis juridique religieux (fatwa) ni un conseil en investissement. Pour votre situation, rapprochez-vous d'un savant qualifié ou d'un professionnel.

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