Cartes à débit différé, crédit renouvelable, paiement en plusieurs fois : ces facilités du quotidien cachent souvent de l'intérêt. Comment s'y retrouver et faire des choix sereins ?
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Les moyens de paiement et de financement se sont multipliés : cartes aux fonctionnements variés, crédit renouvelable, paiement fractionné proposé à la caisse ou en ligne. Beaucoup de ces facilités reposent, discrètement ou non, sur l'intérêt. Faisons le tri pour distinguer ce qui pose problème de ce qui peut rester neutre.
Toutes les cartes ne se valent pas
Une carte bancaire n'est qu'un outil d'accès à votre argent ; ce qui compte, c'est le mécanisme derrière.
- La carte à débit immédiat : la somme est prélevée tout de suite sur votre compte. Vous ne dépensez que ce que vous avez réellement, sans crédit ni intérêt. C'est généralement l'option la plus simple à privilégier.
- La carte à débit différé : les achats du mois sont regroupés et prélevés en une fois. Tant qu'il n'y a pas de facturation d'intérêt et que vous restez solvable, elle reste proche d'un débit immédiat, mais elle peut créer une illusion de disponibilité.
- La carte adossée à un crédit renouvelable : ici, les sommes non remboursées immédiatement génèrent des intérêts, parfois élevés. C'est le type de carte à éviter.
Le crédit à la consommation et le riba
Le crédit à la consommation classique consiste à emprunter une somme que l'on rembourse majorée d'intérêts. Cet intérêt est précisément le riba que la finance islamique proscrit. Cela concerne aussi bien le prêt personnel que le crédit affecté à un achat précis ou le crédit renouvelable.
Le coût de ces crédits est résumé par un taux annuel effectif global, qui agrège intérêts et frais. Un taux strictement positif signale la présence d'intérêt. À l'inverse, une facilité réellement gratuite et sans frais ne génère pas de riba, mais ces cas sont à examiner avec prudence car des frais sont souvent dissimulés.
Le cas du paiement en plusieurs fois
Le paiement fractionné s'est généralisé. Lorsqu'il est réellement sans frais et sans intérêt pour l'acheteur, c'est-à-dire que vous payez exactement le prix affiché réparti dans le temps, il s'apparente à un simple délai de paiement, ce que beaucoup de savants admettent. Dès qu'apparaissent des frais de dossier, des intérêts ou des pénalités calculées en pourcentage, on retombe dans le mécanisme du riba. Lisez attentivement les conditions avant d'accepter.
Les alternatives à connaître
- La discipline d'épargne : différer un achat le temps de réunir la somme reste la voie la plus sûre pour éviter tout crédit à intérêt.
- Le prêt sans intérêt entre proches, parfois appelé prêt de bienfaisance, où l'on rembourse exactement ce que l'on a emprunté, sans surplus.
- Les financements adossés à un actif proposés par des acteurs spécialisés, où l'établissement achète le bien puis vous le revend avec une marge convenue à l'avance, sans intérêt variable ; ces montages existent surtout pour des projets immobiliers et restent rares en France pour la consommation courante.
- Les fonds d'entraide et caisses solidaires de certaines associations, pour des besoins ponctuels.
En résumé
Pour le quotidien, une carte à débit immédiat et le réflexe d'épargner avant de dépenser permettent d'éviter l'essentiel des situations de riba. Face à un crédit ou à un paiement fractionné, posez une question simple : est-ce que je rembourse plus que le prix réel ? Si oui, il y a très probablement de l'intérêt. En cas de doute, demandez conseil à une personne qualifiée.
Cet article est proposé à titre pédagogique. Il ne constitue pas un avis juridique religieux (fatwa) ni un conseil en investissement. Pour votre situation, rapprochez-vous d'un savant qualifié ou d'un professionnel.